Mardi 12 février 2013
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Dans une vidéo de janvier 2013, évoquant la menace de fermeture du Virgin Megastore des Champs-Elysées, Alain Soral - militant
franco-suisse, national-socialiste, fondateur du mouvement “égalité et réconciliation” - prétend connaître les solutions à la crise économique. Sur le ton profesSoral qui le caractérise, Il dit
:
“La France est entrée gravement en récession et toutes les solutions politiques au service des racketteurs bancaires ne
peuvent qu'aggraver la récession. Les solutions économico-sociales pour sortir de la crise, on les a. Hein. C'est arrêter d'être écrasé par le Capital
qui, je le rappelle, pour citer Karl Marx, est du “travail mort”, pour effectivement refonctionner (?)sur du
Capital vertueux (!)-le Capital étant toujours une spéculation sur la valeur ajoutée du travail, hein. Voilà. Et là on parlera le mois prochain
de gens qui à une certaine époque avaient trouvé les solutions pour échapper à cette logique mortifère et Malthusienne du “travail mort” qu'est le Capital prédateur
pour essayer effectivement de recréer de la richesse malgré, comment dirai-je, le manque de capital ou la violence du capital. Voilà. Donc on a en réalité sur le plan théorique et économique
toutes les solutions.”
Outre l'extraordinaire assurance avec laquelle Alain Soral prétend avancer des solutions pour résoudre la crise, il est
remarquable de voir comment il se sert du lexique marxien pour servir sa triste cause.
Les confusions autour des catégories de "travail mort", de "travail abstrait" et de "capital"sont monnaies courantes et
alimentent un tas de théories pseudo-critiques. En l'occurrence dans l'exemple de Soral, le travail mort, assimilé au "Capital mortifère" renvoyant à la catégorie d'exploitation, s'oppose à un
pseudo-"vrai" travail qui serait créateur de ce qu'il appelle un "capital vertueux".
Marx ne dit pas cela. Les catégories de capital et de travail sont communément enchâssées dans une logique abstraite propre qui
ne permet absolument pas de les retourner positivement comme des catégories d'un mécanisme qu'il serait possible de contrôler selon une volonté morale.
L'opposition travail mort/travail vivant se rapporte à l'opposition "capital constant" (matières premières et machines qui
ne font que transmettre leur valeur) /"capital variable" (travail humain seul source de création de valeur). Ce sont des catégories complémentaires qui s'opposent de façon dialectiques et surtout
pas de façon antithétiques.
Il ne s'agit pas de faire un cours de marxologie mais de dévoiler la stratégie confusionniste de l'à peu près qu'on entends chez
les néo-marxistes ou les rouges-bruns comme Soral, stratégie qui leur permets de faire dire tout et n'importe quoi au vieux barbu.
Sous couvert d'analyses géo-stratégiques, cette soi-disant critique a recours à la psychologie et au moralisme. Elle
subjectivise ainsi la logique mortifère du capitalisme.
Selon cette analyse, il s'agirait aussi de distinguer production et spéculation. Ce que fait tout aussi bien Mélenchon, soit dit
en passant, au grand dam du rouge-brun.
La production y est vue comme une activité vertueuse sans se demander de quelle production il s'agit et la spéculation est
assimilée au vice, à la rapacité et la volonté de domination de soi-disant méchants traders americano-sionistes.
1-Concernant la production : Le problème c'est qu'elle n'est pas une production de richesses au sens où il s'agirait juste d'une
transformation de matières en biens utiles. Elle est une production de valeur. Elle a pour corolaire le travail. Lorsqu'on parle de production au sein de ce système, comme pour le travail, on
parle d'une catégorie historiquement déterminée qui n' a jamais existé avant.
2-Concernant la spéculation : elle n'est pas la soi-disant perversion de la bonne vieille production industrielle d'antan. Elle
est, et a toujours été, intrinsèquement liée à la production industrielle. Elle a pris une dimension phénoménale dans les dernières décennies non pas pour supplanter la production mais comme seul
et unique moyen pour le capitalisme de se maintenir "en vie". Elle a été la perfusion qui a permis de donner l'illusion de vitalité à ce système moribond.

Le travail n'a pas pour but de créer de la richesse. C'est essentiellement une production de valeur abstraite c'est à dire une
forme particulière de richesse dont le but n'est pas la satisfaction des besoins humains mais l'accumulation de valeur abstraite.
La valeur d'usage est à la fois l'alibi et le bénéfice secondaire de la production capitaliste.
La valeur se cache derrière le masque de la valeur d'usage pour exister. Si il existe des autoroutes qui nous permettent d'aller
en vacances, de rejoindre Paris à Marseille en sept heures, c'est uniquement parce que la suprême valeur avait besoin d'axes rapides pour faire circuler ses marchandises.
Il serait peut-être temps de se demander ce que signifie "partir en vacances" et si c'est un
véritable progrès que de rejoindre Paris à Marseille en sept heures...