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17 Oct

André Gorz à propos de la bagnole

Publié par Critique de la valeur

Suite à la dernière causerie qui avait pour thème "la question des besoins", l'ami S. nous a envoyé le texte de Gorz "L'idéologie sociale de la bagnole" publié en 1973 dans la revue "Le sauvage".

 

L'insensé développement de l'automobile, les rapports conséquents à la vitesse et à l'espace y sont pensés en terme de domination de classe qui se laisse elle-même assujettir à la domination de la forme marchande.

Gorz tente de démontrer l'absurde tautologie d'un monde qui produit et administre les consommateurs en fonction de la production de marchandises et sape ainsi les pseudo-justifications apportées par les défenseurs de la "survie augmentée". Ce qui est d'autant plus remarquable que le texte date de 1973 où ces mêmes défenseurs pouvaient encore donner une once d'illusion à la validité de leurs arguments.

 

On voit bien qu'ici, même si la radicalité ne va pas jusqu'à l'abolition du travail, la critique dépasse la seule question de la domination de classe et s'encre dans une reflexion autour de la critique des pseudo-nécessités imposées par la logique de production/consommation.

 

belgique casse voiture(photo : Cédric Delsaux)

 

Extrait :

 

"La vérité, c’est que personne n’a vraiment le choix : on n’est pas libre d’avoir une bagnole ou non parce que l’univers suburbain est agencé en fonction d’elle — et même, de plus en plus, l’univers urbain. C’est pourquoi la solution révolutionnaire idéale, qui consiste à supprimer la bagnole au profit de la bicyclette, du tramway, du bus et du taxi sans chauffeur, n’est même plus applicable dans les cités autoroutières comme Los Angeles, Detroit, Houston, Trappes ou même Bruxelles, modelées pour et par l’automobile. Villes éclatées, s’étirant le long de rues vides où s’alignent des pavillons tous semblables et où le paysage (le désert) urbain signifie : « Ces rues sont faites pour rouler aussi vite que possible du lieu de travail au domicile et vice versa. On y passe,, on n’y demeure pas. Chacun, son travail terminé, n’a qu’à rester chez soi et toute personne trouvée dans la rue la nuit tombée doit être tenue pour suspecte de préparer un mauvais coup. » Dans un certain nombre de villes américaines, le fait de flâner à pied la nuit dans les rues est d’ailleurs considéré comme un délit."

 

Le texte en PDF ici  (le fichier contient quelques fautes à déplorer)

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Critique radicale du capitalisme critiquedelavaleur@hotmail.fr