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07 Jun

Causerie au "café citoyen" à Lille - le 20 juin 2012 à 19h00

Publié par Critique de la valeur  - Catégories :  #Evenements

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L’une des caractéristiques de la crise présente est de mettre en évidence le rôle de l’argent. On ne parle que de dettes, de rigueur, de rôle des banques, etc.

Il y a même un discours qui prétend que cette crise est le résultat de la financiarisation du système économique, et que ce qu’il faut, c’est s’attaquer aux banques et remettre en marche un système perverti par la finance mais essentiellement sain et viable.

Cette vision des choses est radicalement fausse.

D’abord, parce que le système économique capitaliste ne s’est pas « financiarisé » par hasard ou par mauvaise volonté. Le capitalisme est structurellement financier, et le mythe persistant d’un capitalisme sans spéculation financière ne sert que les partisans d’un capitalisme à visage humain – ou moins inhumain. A cet égard, la « gauche » ne vaut pas mieux que la « droite ».

 

Le courant dit de « critique de la valeur » pose sur l’argent un regard radicalement différent. L’argent, c’est la matérialisation de la valeur que le travail humain cristallise dans les marchandises ; pas de marchandise sans valeur marchande, pas de valeur marchande sans passage par la monnaie, cet « équivalent général » de toute marchandise possible.

 

Mais contrairement à ceux qui pensent que l’argent n’est qu’un intermédiaire plus commode que le système du troc pour que les biens circulent, l’argent n’est pas seulement un intermédiaire. Et même, il n’est pas d’abord un intermédiaire : il est matérialisation de valeur, il est marchandise, et comme tel, il est susceptible d’être acheté et vendu comme n’importe quelle marchandise.

 

La différence entre cette marchandise particulière et la plupart des autres marchandises, c’est qu’alors que dans une marchandise « ordinaire » se trouve cristallisée un peu de valeur, issue du travail qui a permis de la produire, ce qui est cristallisé dans l’argent, c’est de la valeur qu’on attend, c’est de la valeur promise ou espérée, bref du capital fictif qui se soutient de la croyance qu’il ne fait qu’anticiper sur du capital que produira du travail humain à venir.

 

Mais lorsque le système a pour nécessité de mettre hors du processus de production de plus en plus de travailleurs, le capital à venir n’est jamais produit et la croyance se révèle illusoire. Le capital se révèle être ce qu’il est : du vent, et le capitalisme se révèle être le système maudit qui ne peut pas ne pas tuer sa poule aux œufs d’or : les travailleurs.

 

C’est pourquoi il n’y a pas de solution à la crise. Ou plutôt : il n’y a pas d’autre solution que de chercher un autre système qui, plutôt que de se tourner vers la production de valeur, se tournera vers la production de biens utiles aux hommes. Autrement dit, il n’y a pas d’autre solution que la critique radicale – et pratique – de la valeur, de la marchandise et de l’argent.

 

On pourra en causer au Café citoyen le 20 juin 2012 à partir de 19 h.

 

 

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Critique radicale du capitalisme critiquedelavaleur@hotmail.fr