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09 Aug

Pas de vacances pour la critique.

Publié par Critique de la valeur  - Catégories :  #La pseudo-critique

 

Une définition possible du travail.


Danaides Waterhouse 1903 (1)En régime capitaliste, les activités humaines ont la particularité de pouvoir être regroupées sous une seule et même catégorie: la catégorie de "travail". Outre ce fait historiquement remarquable, on peut caractériser le travail comme une activité où l'homme produit une puissance extérieure à lui-même. On ne retrouve cette particularité dans l'Histoire que dans la pratique religieuse.

 

Empiriquement, ce caractère aliéné du travail peut s'observer dans l'absurdité du travail à la chaîne et du gaspillage des énergies et des ressources. Pour illustrer ce propos, rien de mieux que les peines mythologiques telles que celle des Danaïdes (merci H!) condamnées à remplir d'eau un tonneau qui se vide.

Ainsi que Sisyphe condamné à faire rouler éternellement un rocher en haut d'une colline qui redescendait chaque fois avant de parvenir à son sommet.

 


Titien Le mythe de Sisyphe

Au delà de l'aspect pénible qu'ont en commun ces chatiments et le travail, c'est l'aspect aliénant, dans le sens d'une séparation entre produit et producteur, (et donc absurde) qui nous intéresse ici. Le produit du travail est lui même séparé en deux, un bien utile (concret) et une valeur au sens économique (abstrait). L'activité l'est également : elle prends la forme d'une production d'usage et produit la valeur marchande dans un même moment.  De même que l'activité des Danaïdes ou de Sisyphe pourrait ressembler à une activité productrice de bien mais qu'elle ne l'est fondamentalement pas, le travail prend la forme d'une réalisation concrète de biens utiles mais est fondamentalement autre chose : un mode de production de valeur auto-référentielle, abstrait, une valorisation de la valeur, sans rapport effectif avec les nécessités réelles et les besoins.

 

 

 

 

A propos des lobbys et du complot.

 

La déroute du marxisme traditionnel et sa vision classiste ont laissé des débris pseudo-critiques dont la popularité ne doit pas laisser indifférente toute critique sérieuse du capitalisme.

Dans le rayon "anti-capitalisme tronqué", on trouve en tête de gondole les pourfendeurs de lobbys. Selon ces derniers, des individus réunis sous des intérêts communs seraient à l'origine de la déstabilisation d'une économie, censément saine à l'origine, au profit de ces mêmes intérêts. Lobby juif, sioniste ou americano-sioniste sont les cibles les plus récurrentes de "l'anti-capitalisme tronqué".

Cette pseudo-critique s'appuie sur une tradition anti-impérialiste où Les USA et Israel travailleraient main dans la main pour s'assurer l'expansion de leur domination et incarnent ainsi l'Empire, lui-même régulièrement ajusté dans sa définition.

Qui pourrait nier que les USA représentent une puissance économique? Et qu'en tant que telle, elle cherche à se maintenir et à grandir ? Quid d'Israel ?1 Néanmoins, la vision anti-impérialiste est radicalement fausse et ne permets pas de saisir la vraie nature de la crise et ses résultats dévastateurs.

En associant les causes de la crise à des groupes de personnes, elle omets carrèment le caractère fétichiste et spectacliste de la société capitaliste (c'est là qu'on entends hurler la bien-pensance marxiste).

Il y a évidemment des lobbys de toute sorte qui ont une influence sur le cours des événements. Mais c'est leur accorder un pouvoir démesuré que de se les figurer mener les révoltes arabes ou organiser la banqueroute des bourses mondiales.

Tant que la politique féroce menée par Israel et l'arrogance des puissances occidentales continueront de se présenter comme des modèles de démocratie, ça sera toujours un peu plus d'eau au moulin apportée à la délirante croyance en un complot mondial.

 

1-mais aussi Quid de la Chine ? de l'Inde ?....

 

 

Kurz vs Debord?

 

Un bref échange a eu lieu entre deux blogs à propos de Robert Kurz :


1- Tout comence avec l'article du Debord Encore : DCD par erreur : Mort de Robert Kurz.

2- S'ensuit une réaction du blog Contre le travail.

3- Puis la réponse de Debord Encore.

4- And last but not least, Contre le travail enchaîne une  reprise de volée.


Commenter cet article

Labienpensancemarxiste 11/08/2012 11:57


Ces "groupes de personnes" (lobbys etc) ne sont-ils des bourgeois ? En quoi est-ce un problème de balancer "leurs noms et adresses" ? En quoi identifier ces individus et "groupes de personnes"
dominants serait de l'anticapiatlisme "tronqué" ? Parce que leurs patronymes auraient telle ou telle consonnance culturelle, il faudrait s'abstenir de les dénoncer ? La wertkritik ne ferait pas
indirectement le jeu de la "gestion des risques" voire, pourquoi pas, du "chantage à l'antisémitisme" ? Ne penseriez-vous pas mettre un terme à cette généralisation paranoïde "prolos
anti-impérialistes = antisémites larvés" ? (mantra - et pas le moindre - du feu Gnl Kurz). Ne penseriez-vous pas arrêter de généraliser "prolos = individus culturalisant, ethnicisant ou
racialisant son ennemi" (la bourgeoisie) ? Les "groupes d'individus" dominants sont des bourgeois, qu'ils soient américains, israéliens, juifs ou sionistes n'a (quasi) aucune importance. Pour
pourrir la vie à ses ennemis de classe, tous les moyens sont bons.

Critique de la valeur 14/08/2012 17:42




Là, vous poussez le bouchon mon vieux. Où avez-vous vu que Kurz ou un quelconque ami de la Wertkritik, identifiait les
anti-impérialistes avec les "prolos" comme vous dites ?




Labienpensancemarxiste 11/08/2012 03:52


"A croire votre commentaire, dans mon article j'aurais nié l'exploitation de classe et toute la violence qui en découle."

"A croire...j'aurais nié..." Splendides insinuations !

L'exploitation n'est pas secondaire au MPC, elle est le moteur même de l'accumulation. Sans but d'augmentation exponentielle du capital il n'y aurait point de production de richesse sous forme de
valeur.


Le MPC est instrinsquèment violent, le racisme ou le sexisme (autre forme de racisme) n'en découlent pas, ils sont profondément enracinés dans ce processus. Ibidem pour l'impérialisme. Les causes
de la crise du mode de production marchand - que la bourgeoisie possède - sont indissociables de cette violence, et vice versa.


Je n'ai pas nié ce que vous avez écrit, j'ai sous-entendu que la wertkritik - réductionniste jusqu'au boutiste - faisait en conséquence (et donc à tort) découler la domination politique d'une
seule caractèristique dite fondamentale du mode de production (le fétichisme), de ce processus pseudo-autonome d'accumulation de richesse. Faire découler ou superposer les formes de domination
revient à faire de la domination de classe, de race et de sexe des dégats collatéraux ou des conséquences du MPC, alors qu'ils lui sont - encore une fois - consubtantiels, vitaux, le capitalisme
industriel et la colonisation étant nés en Europe.


De plus si ce processus était autonome, la bourgeoisie n'aurait pas ce besoin vital de faire fabriquer, circuler et de former des dispositifs lui assurant sa position dominante, dispositifs
toujours plus déshumanisants. 


"La lutte des classe existe belle et bien et a des effets sur l'amélioration ou la déterioration des conditions d'existence mais elle ne sera pas l'origine d'une sortie du
capitalisme."

Quel "marxien" tombé de la dernière lune affirmerait que la lutte des classes n'existe pas ? Aucun animal humain voire non-humain n'y échappe, et ce même avant de naître.


Aucune essentialisation ou ontoligisation de la classe exploitée, mais je vois pas quelle autre classe sociale - consciente ou non d'elle même - serait à l'origine d'une "sortie" du capitalisme.
Qui quoi donc serait "à l'origine de cette sortie" ? La bourgeoisie ? La petite-bourgeoisie ? Dieu ? Quel processus ? L'Apocalypse ? Des invasions extra-terrestres ?


L'idéalisme vaporeux dans lequel les Jappe et consorts planent n'a que trop duré. Qu'on les fasse labourer quelques années en Chine, dans les mines de coltan au Rwanda ou qu'on les attache aux
chaînes de montage d'automobiles quelques semaines. On verra après si ils osent encore l'indécence de prononcer - même du bout des lèvres - que la domination de classe, de race et de sexe, les
subsomptions formelles et réelles, etc. sont secondaires au MPC, si ce sont des résidus théoriques du "marxisme traditionnel".


 


Labienpensancemarxiste

Critique de la valeur 14/08/2012 15:32




Vous faites un procès d'intention à la Wertkritik. Lorsqu'il est dit que la lutte des classes est seconde, il ne s'agit pas
d'en nier la légitimité. On dit qu'elle est une conséquence de la domination abstraite de la valeur et pas l'inverse.


Par ailleurs, qui nie que le racisme et le sexisme sont intrinsèquement liés au Mode de Production Capitaliste (c'est
d'ailleurs un des chevaux de bataille de kurz)?


Le capitalisme n'est pas qu'un système d'exploitation. Ce qui rend ce système particulièrement coriace c'est qu'il fait de
ses catégories des catégories ontologiques, transhistoriques ; le travail ou la marchandise sont ainsi vus comme étant valables en tout lieu et toute époque. Cette croyance imprègne autant la
classe bourgeoise que celle des prolétaires. Comme le dit le vieux barbu : "Ils le font sans le savoir". C'est ça qu'il faut attaquer. Et que ceci aille de pair avec une défense des droits et
une lutte de classes, évidemment! Mais cette dernière n'est pas une fin en soi.


A la question : "Qui quoi donc serait "à l'origine de cette sortie" ? " Honnétement, j'en sais rien et je n'ai pas
la prétention de le savoir. .


Ce qui m'intéressait dans mon article c'était de proposer que la mode actuelle du complotisme dérivait des restes du
marxisme moribond. C'est, selon moi, une des preuves de l'impasse dans laquelle se trouvent ses prolongateurs.


 



Vous prétez à Anselm Jappe l'idée que "la domination de classe, de race et de sexe, les subsomptions formelles et réelles, etc. sont secondaires au MPC, (...) ce sont des résidus théoriques
du "marxisme traditionnel"". Cette phrase et ce qui précède dans votre commentaire impliquerait que Jappe ne prends pas la mesure de cette domination. Je pense que c'est faux et je ne
crois pas qu'il ait jamais dit une telle chose.
Par contre, dans son livre Les aventures de la marchandise, on peut lire (p96-98) :
"Le développement logique qui commence avec la contradiction interne de la marchandise, puis en déduit toutes les conséquences, considère les classes sociales, et surtout les deux classes par
excellence, celle des capitalistes et celle des travailleurs, non comme les créateurs de la société capitaliste, mais comme ses créatures. Ils ne sont pas ses acteurs, mais sont agis par elle.
L'argent et la marchandise ne peuvent pas "aller d'eux-mêmes au marché ; ils ne peuvent pas s'échanger eux-mêmes" : c'est cela qui fait, sur un plan logique, naître les classes. Dans une
société fétichiste, où les sujets ont aliéné leur pouvoir à leurs propres créatures, ce n'est pas surprenant. Mais le marxisme traditionnel a toujours renversé ce rapport, en préferant le "bon
sens" empiriste à la dialectique de Marx. Selon la vulgate marxiste, "derrière" la valeur se cache la "véritable" essence du capitalisme, c'est à dire l''exploitation d'une classe par une
autre. Pour Marx lui même, les classes n'existent que comme exécuteurs de la logique des composants du capital, le capital fixe et le capital variable. Elles n'en sont pas à l'origine : "le
capitaliste fonctionne uniquement comme personnification du capital, capital-personne, de la même manière que l'ouvrier n'est que le travail personnifié (...) La domination du
capitaliste sur l'ouvrier est, en conséquence, domination de la chose sur l'homme, du travail mort sur le travail vivant, du produit sur le producteur", un procès "qui, sous un autre angle
certes, nous montre, à un pôle, le capitaliste tout autant asservi au capital que l'ouvrier, au pôle opposé". Voilà à nouveau la catégorie du fétichisme en tant qu'inversion réelle, comme Marx
le dit explicitement  : "Nous retrouvons là l'inversion du rapport que nous avons déjà rencontrée en étudiant l'argent et désignée par le terme de fétichisme. Le capitaliste
lui-même n'est détenteur de puissance que comme personnification du capital." Marx décrit les participants au procès de production comme "masques" et comme "personnification de
catégories économiques". Le capitaliste est un "fanatique de la valorisation" qui "n'est qu'un rouage" du mécanisme social". Ce sont des officiers" ou des "sous-officiers" qui "exercent le
commandement au nom du capital". Par conséquent, le capitaliste n'agit pas comme il agit parce qu'il est "méchant" : il est très remarquable que dans les analyses de Marx, comme chez Hegel, il
n'y a aucun recours à la psychologie, et donc pas non plus au moralisme. Bien que maintes pages de Marx vibrent d'indignation contre la bourgeoisie et ses méfaits, il n'attribue jamais le
fonctionnement structurel du capitalisme à la "soif du profit" ou à la rapacité d'un groupe social. Il ne reconduit pas non plus la diffusion de la production capitaliste ou les changements
dans son évolution à une stratégie consciente ou à une "conspiration" des "puissants". Bien sûr, les détenteurs du capital ne sont pas des victimes innocentes, ils se prêtent bien volontiers à
leur tâche. Mais ils ne sont pas capable de contrôler un processus poussé en avant par les contradictions internes d'une société qui a pour "cellule germinale" la marchandise. Marx a toujours
refusé la théorie de la "tromperie" subjective, qui ressemble un peu au théories du XVIIème siècle expliquant la religion comme une simple "imposture" organisée par les prêtres. Il ne décrit
pas le capitalisme comme un ensemble de rapports personnels de domination, où les dominants, pour mieux tromper les exploités et les dominés, se cachent derrière une apparence de circonstances
"objectives" telles que la valeur, en faisant passer leurs manoeuvres subjectives pour résultat d'un procès naturel. Pour qu'il en soit ainsi, il faudrait que l'homme, ou au moins un certains
groupe d'hommes, soit le véritable sujet de la société marchande et que les catégories de cette forme de socialisation soient leurs création. Si c'était le cas, tout au plus pourrait-on dire
alors que ces catégories se reflètent de façon inversée dans les têtes des sujets. Mais la théorie marxienne de l'inversion affirme, tout au contraire, que le vrai sujet est la marchandise et
que l'homme n'est que l'executeur de sa logique. Leur propre socialité, leur subjectivité apparaissent aux hommes comme soumises à l'automouvement automatique d'une chose. Marx exprime ce fait
dans la formule que la valeur est un "sujet automate" où, comme il le dit déjà dans les Grundrisse, : "la valeur se présente comme sujet."





Labienpensancemarxiste 10/08/2012 14:04


"En associant les causes de la crise à des groupes de personnes, elle omets carrèment le caractère fétichiste et
spectacliste de la société capitaliste (c'est là qu'on entends hurler la bien-pensance marxiste)."


Ce n'est pas parce que la bourgeoisie est multiséculairement coupable de crimes contre l'humanité que la "bienpensance" (joli
mot, félicitations!) omet le caractère fétichiste de la société capitaliste (comme si c'était le seul, le principal
surlequel viendrait se superposer son caractère politique ).


Reprendre en choeur votre affirmation ce serait offrir encore une fois des circonstances atténuantes à cette classe de
tortionnaires et assassins en chefs ! Votre affirmation est une insulte à tous ceux à qui la bourgeoisie inflige
ultraviolemment sa domination de classe, domination fondamentalement raciste !


Pour le reste, votre article est de la même trempe que BHL et consorts, même mauvaise foi ou aveuglement, ce qui n'a aucune
importance pour les vilains classistes. (Zut ! BHL est juif donc évidemment je suis antisémite. Ah bah oui logique feu Gnl Kurz!)


nota : le terme bien-pensance, fortement utilisé à la droite extrême du champ politique, sert toujours à se démarquer d'un
quelconque "troupeau idéologique", d'une quelconque "masse aveugle", autrement dit à s'en distinguer ; sous-entendu le mépris et la condescendance inhérents au mécanismes de distinction.....
Changer le monde sans ces "masses classistes" qui auraient arrêté de lire en 1848 ? Allo allo ? Vous êtes toujours sur Terre ou dans Vos Livres ?


 


Labienpensancemarxiste

Critique de la valeur 10/08/2012 20:15



A croire votre commentaire, dans mon article j'aurais nié l'exploitation de classe et toute la violence qui en découle. Vous
confondez l'idée selon laquelle il ne faut pas associer "les causes de la crise à des groupes de personnes" avec celle, fausse, selon laquelle ne
faut pas associer la violence et l'exploitation avec une classe. Il s'agit de l'origine de la crise dont je parle, pas de l'exploitaion capitaliste qui a été et est toujours l'oeuvre de la classe
bourgeoise. A aucun moment je n'ai nié l'existence des classes ni ses effets.


là où nous nous éloignons radicalement du marxisme traditionnel, c'est dans la critique de la croyance ontologiste en une
classe révolutionnaire par essence, en l'occcurence celle des exploités. La lutte des classes existe belle et bien et a des effets sur l'amélioration ou la déterioration des conditions
d'existence mais elle ne sera pas l'origine d'une sortie du capitalisme. Lire la crise actuelle avec le paradigme marxiste ne permets pas d'en saisir la vraie nature.


Vous accuser d'être antisémite serait au moins aussi con que me comparer à BHL..


Bon, je retourne à mon étude de la Torah.



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